Groupe de travail : Nouveaux modèles économiques urbains

Les opérateurs de collecte et traitement des déchets au défi de l’économie circulaire

Synthèse rapide de l’atelier du 19 octobre 2017

Dans le cadre d’une étude financée par l’Institut pour la Ville Durable
Réalisée par ibicity – Partie Prenante – Espelia

Comment le secteur des déchets est-il transformé par la révolution numérique ?
L’atelier a permis d’y répondre en approfondissant les effets des six principaux axes de transformation qui saisissent les villes.
> L’émergence de la multitude se traduit par le fait que les habitants et professionnels sont de plus en plus mobilisés comme acteurs de la réduction à la source, du tri, du remploi et du recyclage des déchets.
> Traduction du sur-mesure, il est désormais possible de facturer les usagers au plus près de la quantité et de la qualité des déchets produits et d’optimiser les processus de collecte et traitement des déchets – et donc les coûts – via le big data. C’est par exemple le cas du suivi du niveau de remplissage des poubelles, de l’anticipation quantitative et qualitative des flux de déchets avenirs, ou encore de l’optimisation des parcours de collecte.
> L’économie de la fonctionnalité s’incarne par la tendance à la diminution des volumes de déchets induite par l’augmentation de l’intensité d’usage des biens et l’émergence de nouveaux opérateurs convertissant la fourniture de biens en services (ex. location de couches ré-employables plus services associés).
> Les impacts de la (dé)monétisation, de la reconfiguration des échelles, avec l’importance retrouvée du local et des circuits-courts, et l’hybridation sectorielle, ont également été abordés.

Ces évolutions bousculent les approches habituelles
Avec le développement du concept de l’économie circulaire tout se passe en effet comme si on assistait à l’éclatement de la chaine de valeur de la collecte et du traitement des déchets en deux parties.
D’une part, une série d’activités qui s’inscriraient davantage dans les chaines de valeur de la production de biens, comme l’énergie (via l’incinération des déchets) ou la construction (via le réemploi des matériaux de construction). Et, d’autre part, une chaine de valeur réduite regroupant les seules activités liées à la salubrité publique et au désencombrement de l’espace public.
Il semble également que le secteur du déchet est avant-gardiste dans la mesure où il doit, avant probablement beaucoup d’autres secteurs, évoluer pour passer d’un modèle économique basé sur la croissance quantitative à un modèle qui serait basé sur une croissance qualitative. On pense à l’augmentation de la durée de vie des biens, au taux de régénération/réemploi des biens, au gain de durée de vie, etc.

Cinq figures possibles pour les opérateurs de l’économie circulaire
Enfin, l’atelier a permis d’étudier cinq figures possibles d’évolution du positionnement de l’opérateur de déchet dans ce contexte :
> un logisticien comme les autres, focalisé sur l’optimisation de la gestion des flux de matière ;
> une place de marché optimisant la mise en relation de l’offre et de la demande de matériaux ;
> un animateur économique local s’appuyant sur les logiques d’économie industrielle territoriale (EIT) et d’économie sociale et solidaire (ESS) pour renforcer le tissu économique et social des territoires ;
> un gestionnaire de l’espace public, facilitant tri et orientation des « déchets » au plus près de leur source de production pour en garantir un bon remploi / une bonne valorisation et garantissant la salubrité publique ;
> un opérateur de la réduction des volumes dont l’activité serait focalisée sur l’animation des différents maillons des chaines de valeur de sorte à réduire les volumes de déchets, activité qui pourrait inclure des fonction comme le conseil à l’écoconception, le portage de la propriété de certains actifs, la prévention vis-à-vis des commerçants et consommateurs.

Vous pouvez retrouver l’étude ici